Tueur en liberté

Mis à jour : juin 26

Il portait dans ses yeux, l'odeur de la mort... papa? Papa? Mais où es-tu? Reviens, SVP, je t'en supplie, reviens.... Je suis une adulte aujourd'hui, mais je fus l'enfant qui aurait pu mourir tuer par son père à l'âge de 10 ans et quelques poussières suivantes. Aux yeux de tous, petits et grands, nous étions la famille modèle, celle qu'on enviait et chez qui on voulait aller festoyer. Un papa impliqué auprès de ses enfants, des préparations festives et ludiques grandioses, un enseignant et ami apprécié de son entourage... Aujourd'hui, je sais que ce n'était qu'illusion d'un prolongement narcissique défaillant. En silence, ma mère souffrait, s'éteignant à petit feu auprès d'un mari subtilement violent, mais ô combien destructeur. J'ai oublié la date, mais chaque moment de cette journée fatidique est empreinte ds mon corps et mon âme. Ça devait être l'été puisque seule la froideur des mots et du regard de mon père était à glacer le sang. Le monstre s'est réveillé lorsque ma mère l'avisa qu'elle le quittait. J'éviterai d'énumérer toutes les phrases violentes entendues puisque je suis à fleur de mots et qu'il n'y a aucune bonne raison pour que je les fasse vivre de nouveau. J'avais 10 ans, témoin d'une scène insupportable pour une enfant, je la regardais telle une pièce de théâtre détachée de mon petit moi, mais consciente et ressentant tout ce qui se passait à l'extérieur. J'éviterai les détails, mais dans toute cette escalade, j'ai rejoint mon père ds sa voiture voulant l'accompagner... je n'ai su que plus tard qu'il voulait se suicider et moi j'étais prête à sacrifier ma vie pour le sauver. Nous nous sommes enfuies de la maison au milieu des cris et des coups sur la voiture. J'ai su plus tard que s'il avait eu une arme, il nous aurait tuées. Un matin où nous quittions en voiture avec ma mère, elle a manqué de freins évitant un accident. Au garage, on lui a mentionné que les 2 freins avaient été sectionnés et que la probabilité que ce soit un bris était quasi nul.

Mystère! Mon père a fait des appels téléphoniques à ma mère menaçant de la tuer avec une arme à feu... J'ai vécu durant les années suivantes des tsunamis de violence psychologique et des bombardements de phrases assassines.


Quoi? Tu ne m'as jamais voulu? Qui es-tu? Mon papa à moi n'aurait jamais dit ça... papa? Papa? Mais où es-tu? Reviens, SVP, je t'en supplie, reviens.... À fleur de mots...Hautement aliénée je fus.

Il ne m'a pas tué physiquement... mais presque... ça aurait pu s'il ne s'était pas investi ds une communauté spirituelle / secte.

Il a quand même commis l'irréparable... tué une partie de l'enfant que j'étais.

Aucune dénonciation ou accusation ne fut portée à son endroit.... il n'a jamais exprimé de remords ou culpabilité. Il est encore aujourd'hui l'ami, le retraité, la connaissance aimés de tous.

Pour moi, c'est un tueur d'âmes en liberté.

Donc quand un père assassine froidement ses enfants avant de s'enlever la vie et s'assurant que ce soit la mère qui les retrouve et que j'entends les proches, collègues de travail, etc. dirent : 《c'était un homme bien qui aimait ses enfants....》 laissez-moi en douter..




154 vues1 commentaire